Flixtrain -  L'entreprise

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L'auteur
Frédéric de Kemmeter 
Train & signalisation - Obser-vateur ferroviaire depuis plus de 30 ans. Comment le chemin de fer évolue-t-il ? Ouvrons les yeux sur des réalités complexes de manière transversale

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Le Flixtrain 1807 au départ de Hambourg-Hbf. Locomotive ES 64 U2-005 de MRCE, en livrée locataire (le 16 avril 2018, photo Mediarail.be)
Flixtrain est un nouvel opérateur de transport ferroviaire de passagers sur le segment grande ligne en Allemagne, dont le siège social est à Munich. Flixtrain est une filiale à 100% de FlixMobility GmbH, une société créée en juin 2017 mais qui vient de la reconfiguration de Flixbus, firme de transport par autobus créée en 2013 par Daniel Krauss, Jochen Engert et André Schwämmlein. La firme de bus s'est rapidement imposée comme le premier opérateur de bus longue distance en Allemagne puis en Europe, principalement en utilisant les flottes modernes d'autocars de divers partenaires. À la base, FlixBus est plus un pionnier du numérique qu'un opérateur de bus traditionnel. Techniquement, il s'agit d'une plate-forme numérique qui gère le marketing, la distribution de billets, la planification du réseau, la gestion des revenus et le service client pour les petits opérateurs de bus traditionnels en échange d'une part des revenus générés.

Flixtrain peut évidemment bénéficier des technologies numériques déjà utilisées par Flixbus pour l''optimisation des horaires et des offres aux passagers. Avec plus de 200 développeurs en son sein, Flixmobility affirme que le cœur de son activité réside dans la technologie et l'analyse des données pour améliorer l'expérience client, grâce notamment à l'apprentissage machine appliqué qui est utilisé pour la planification et la tarification du réseau et se traduit par de meilleurs horaires, des transferts optimisés et des connexions plus axées sur le client. «Cette optimisation de nos données nous permet d'afficher les meilleures options de voyage à nos clients avant de réserver», explique le directeur général Fabian Stenger.

Même si pour le rail, l'optimisation semble bien plus difficile que pour les bus. L'accès aux voies et la disponibilité de sillons attrayants, le manque de matériel roulant adapté et les frais d'infrastructure élevés restent tous des défis majeurs pour les nouveaux entrants. Cela n'a pas empêché Flixmobility de se lancer, avec des partenaires.
Caractéristiques

Opérateur : 
Filiale / Division : 
  
Branche :    
Segment commercial :
Transport international :
Premiers services :   
                  
                 
Type de train : 
Constructeur(s) :
 
Traction :

Siteweb officiel : 
Réseaux sociaux : 

Entreprises similaires : 
FlixTrain GmbH
Filiale 100% de FlixMobility GmbH
Transport voyageurs
Grande ligne
Non
Août 2017

Rames tractées
Matériel de partenaires
Variée

https://www.flixtrain.com/
Facebook

Regiojet, Transdev Suède
L'idée est de faire du train à la manière de Flixbus mais différemment de la Deutsche Bahn, mais avec une différence essentielle par rapport à ses prédécesseurs HKX et Locomore : pas d'actif en propre, et une puissance de feu en marketing et ticketing grâce à l'énorme masse de données provenant des clients Flixbus.

Flixbus se lance alors dans la remise en selle de Locomore, une start-up berlinoise qui fît faillite en mai 2017, et qui s'était lancée dès décembre 2016 sur un aller-retour Berlin-Stuttgart pour concurrencer la Deutsche Bahn. Cette reprise est pour Flixbus un test, avec l'appui technique du privé tchèque Leo-Express. C'est apparemment une réussite qui convainct de créer Flixtrain. « FlixBus va s'appuyer sur sa plate-forme et sa puissance marketing pour conquérir assez de clients et pérenniser ainsi le service Locomore » déclarait André Schwämmlein, l'un des patrons de Flixtrain (photo ci-dessus).

>>> Voir la page 3 pour davantage de détails sur les bus, le marketing, le digital...
Démarrage du service
2017 fut l'année test pour Flixtrain. En avril de cette année-là, l'entreprise ferroviaire tchèque Leo Express reprenait les droits de sillon sur l'itinéraire Berlin - Stuttgart de la compagnie ferroviaire Locomore, qui venait de faire faillite. Les opérations ferroviaires sur cette liaison reprirent en août 2017 en partenariat avec Flixmobility, ce qui peut être interpréter comme étant le tout premier train de Flixtrain. Ce Stuttgart-Berlin roulait via Hanovre.

À l'automne 2017, c'est au tour de HKX, le Hamburg-Köln-Express, de faire faillite et d'arrêter les frais. L'opérateur Bahnouristikexpress, qui opérait le train, pris aussi comme partenariat commercial Flixmobility, à titre d'essai.
Les trains Hambourg-Cologne reprirent entre le 22 décembre 2017 au 2 janvier 2018, avec des billets vendus sous le nom de HKX via le site Web FlixBus existant.  À la suite de quoi, dès le 24 mars 2018, une liaison régulière circula quotidiennement. C'était le deuxième train de Flixtrain avec un départ de Cologne à 7h01 pour atteindre Hamburg-Altona à 11h22. En sens inverse, départ de Hamburg-Altona à 16h36 pour une arrivée à Cologne à 20h59, avec un prix d'appel très attractif : 9,99 €. L'entreprise reprenait alors le modèle similaire à son service de bus en s'associant avec des opérateurs ferroviaires privés, propriétaires du matériel roulant et détenteur d'une licence ferroviaire, avec l'espoir d'utiliser la marque FlixBus, durablement installée au sein du jeune public, pour attirer des clients vers le nouveaux services ferroviaires. On trouvait donc sur ces deux premières liaisons : 
• des voitures du suisse Heros avec Hector Rail comme tractionnaire sur Stuttgart-Berlin; 
• des voitures BahnTouristikExpress (BTE) qui agissait également comme tractionnaire sur Cologne-Hambourg.

Au printemps 2018, la carte combinée de réseau Flixbus + Flixtrain était alors celle-ci : 
Depuis le lancement de FlixBus en 2013, la société a transporté plus de 100 millions de passagers via 250.000 liaisons quotidiennes dans toute l'Europe, pouvait-on lire en 2018. Par contraste, cette première année d'exploitation (9 mois en réalité), vit la vente de près de 750.000 billets, avec un taux d'occupation d'environ 70%. C'est encore peu face au géant Deutsche Bahn (DB) qui fait voyager 145 millions de personnes. Flixtrain utilise des anciennes voitures IR avec un mélange de compartiments pour 6 personnes et d'espaces avec plusieurs sièges. « J'ai payé 13,99 euros entre Berlin et Cologne pour faire 600 km, mais les trains sont anciens et si l'on veut plus de confort, il faut choisir la compagnie nationale », explique Indah Sari, au journal français Le Parisien. « FlixTrain n'est qu'une offre complémentaire. Elle s'adresse à une clientèle jeune qui ne porte pas d'importance au confort. Mais elle oblige la DB à se bouger et à proposer de nouvelles offres », explique au même journal Karl-Peter Naumann, le porte-parole de l'association des usagers du train Pro Bahn.
Le Flixtrain Stuttgart-Berlin en gare de Fulda. Locomotive ES 64 U2 242-517 louée et opéré par Hector Rail, avec les voitures Heros pelliculées avec la marque Flixtrain, contrairement à la locomotive (le 22 juin 2018, photo Manfred Steffen via licence flickr)
Flixmobility, après une entrée hors Europe sur les marchés bus turcs et américains, terminait l'année 2018 avec 45 millions de voyageurs et plus de 2000 destinations. Cela donne la mesure des quantités de datas dont dispose la société pour analyser le comportement de la clientèle et mesurer les flux. «Ce qui a commencé en 2013 en tant que startup allemande est devenu une puissante plateforme de mobilité qui continue de changer la façon dont des millions de personnes voyagent à travers l'Europe et les États-Unis», déclarait Jochen Engert, PDG et fondateur de FlixMobility.
2019 : expansion et défis
Le 23 mai 2019, Flixtrain ouvrait sa troisième liaison, cette fois entre Cologne et Berlin, pour un trajet de 5h37 avec des tarifs à partir d'etré de 9,99€ en aller simple. Cela prend certes une heure de plus que le service ICE de la Deutsche Bahn cadencé mais pour la moitié du tarif le plus bas proposé à l'époque, 19,90 € s'il est réservé longtemps à l'avance. Ce nouveau Flixtrain circulait six jours par semaine en desservant les trois gares de Berlin: Südkreuz, Hbf et Spandau, et fait arrêt également tout au long de trajet à Wolfsburg, Hanovre, Bielefeld, Dortmund, Essen, Duisburg et Düsseldorf. 

Flixtrain avait alors trois lignes numérotées dans l'ordre chronologique : 
• FLX 10 Stuttgart-Berlin ; 
• FLX 20 Hambourg-Cologne ;
FLX 30 Cologne-Berlin.
Ligne FLX 30 avec ce 27802 Berlin-Cologne avec comme nouveauté la traction par des Vectron Siemens et des voitures du loueur suisse Heros qui n'ont pas eu le temps de recevoir le pelliculage ad-hoc (le 04 août 2019, photo Uwe-Post via licence flickr)
Vers la France ?
Fort de ces succès, Flixmobility songea à des expansions ferroviaires en dehors de l'Allemagne, toujours sous la marque Flixtrain. Les bus de la compagnie arpentaient déjà l'Europe depuis plusieurs années et la marque avait pu s'imposer sur tout le Continent. En juin 2019, le régulateur français Arafer (aujourd'hui Autorité de Régulation des Transports) mettait en ligne une demande pour 5 lignes au départ de Paris vers Bruxelles, Lyon, Nice, Toulouse et Bordeaux. Sur ces 5 lignes, 4 services seraient assurées en journée tandis que la 5ème verrait la réactivation du Paris-Nice ! Ce vaste projet concernerait un réseau de 25 gares. La France met en pratique le considérant 26 de la directive 2012/34/UE, qui indique que : « Les organismes de contrôle devraient déterminer, sur la base d'une analyse économique objective et à la suite d'une demande formulée par les parties intéressées, si l'équilibre économique des contrats de service public existants est susceptible d'être compromis », ou pas. Raison pour laquelle un test d’équilibre économique avait été demandé par l'Arafer en ce qui concerne ces liaisons. Ainsi, dans ses calculs pour la Région Occitanie (qui paye une convention TER avec la SNCF), la l'Autorité estimait à... 0,15% la perte de revenus des trains locaux avec l'arrivée éventuelle de Flixtrain sur Paris-Toulouse.

Un financement pour l'expansion
En juillet 2019, Flixmobility levait un cycle de financement de série F, codirigé par TCV et Permira avec la participation de l'investisseur de longue date Holtzbrinck Ventures, pour un montant tournant selon les sources autour de 561 millions de dollars. 
FlixMobility expliquait vouloir utiliser cet argent pour étendre le réseau FlixBus aux États-Unis, se lancer en Amérique du Sud et en Asie, ainsi qu'étendre la marque FlixTrain en Europe, au-delà de son service existant en Allemagne, et lancera une nouvelle plateforme de covoiturage, FlixCar, en 2020. «Grâce à notre partenariat stratégique avec TCV et Permira, qui ont des décennies d'expérience et un portefeuille d'entreprises technologiques de premier plan, nous accélérerons notre croissance pour offrir des voyages intelligents et verts à davantage de personnes à travers le monde via FlixBus, FlixTrain et bientôt FlixCar», déclarait Jochen Engert, PDG et fondateur de FlixMobility. 
Série D, Série E, Séries F, le dico des starts-up... 
Ce sont les levées de fonds supplémentaires, chaque tour portant une lettre. Ils ont pour objectif de soutenir une croissance et mise à l'échelle encore plus grande. La start-up a démontré certains succès à l'international et passe à une vitesse encore plus grande, sur encore plus de marchés. Les acquisitions potentielles peuvent être nettement plus importantes. Et l'argent levé dépasse les 20 millions d'euros jusqu'à plusieurs centaines de millions d'euros dans les séries D, série E et F. De l'avis des experts, peu de starts-up arrivent aux E ou F...
L'automne est alors plein d'enthousiasme avec de grands projets d'expansion en Suède pour fin 2020 ainsi que d'autres lignes en Allemagne. Sont ainsi programmées Stockholm-Göteborg ainsi que des projets sur Hambourg - Stuttgart et une prolongation du Berlin-Cologne vers Aix-la-Chapelle, aux portes de la Belgique. La liaison existante Berlin-Stuttgart est orientée vers un nouvel itinraire passant par Leipzig, Halle (Saale), Erfurt, Gotha, Eisenach et Lutherstadt Wittenberg. «FlixTrain est un énorme succès pour nous», déclarait à l'IRJ André Schwämmlein, co-fondateur et directeur général de la société mère FlixMobility. «En moins de deux ans, nous avons réussi à mettre en place une offre alternative ferroviaire à l'échelle de l'Allemagne, que les voyageurs acceptent très bien.» Les affaires semblaient rouler...
2020 : l'année maudite
Inutile de la présenter ! L'année 2020 a retiré le pain de la bouche des opérteurs alternatifs : les clients. On a souvent dit que certaines entreprises disruptives s'en tiraient mieux que d'autres. Tout dépend ! Il est clair qu'une population confinée fait moins usage du transport tout en utilisant très largement le commerce électronique, faisant donc les affaires d'Amazon, Zalando & consorts, ainsi que de la poste... Sans revenus issus de la billeterie, avec une clientèle invitée à rester chez elle, Flixmobility n'avait pas de plan B : il a fallu suspendre le trafic, trains comme bus. Ces derniers cessèrent de circuler dès le 17 mars, tant en Allemagne qu'au-delà des frontières de et vers  l'Allemagne. Le 19 mars, les Flixtrain s'arrêtaient à leur tour. Un séisme pour la plateforme technologique, valorisée de plus de deux milliards d'euros, et privée de datas et de vente ! La quasi totalité des 1000 employés en Allemagne furent mis en chômage partiel dès le 1er avril. 
Le FLX 1807 en route pour Cologne ( photo br146leon via pixabay)
Remise en cause des partenariats
Dans l'intervalle, la pandémie faisait fait mal aux contrats et aux partenariats d'exploitation, notamment sur la responsabilité des uns et des autres en ce qui concerne le risque commercial. Lors du confinement du printemps, Leo Express souhaitait poursuivre l'exploitation des Stuttgart-Berlin, ce que ne voulait pas Flixtrain. Entre les deux partenaires, les litiges devinrent nombreux et le FLX 10 ne repris jamais. Il fut - et reste -, très difficile de départager les deux opinions sur la cessation du partenariat, mais clairement le risque commercial est le principal enjeu de cette situation. Leo Express annonçait la fin du partenariat avec Flixtrain en novembre 2020, sécurisant par la même occasion sa license d'opérateur ferroviaire indépendant. 

Les deux autres lignes FLX 20 et 30, quant à elles, reprirent du service le 23 juillet 2020 mais là aussi au prix d'un changement fondamental de partenariat. BahnTouristiqueExpress (BTE), qui opérait les trains sur Hambourg et Berlin, annonçait en avril 2020 mettre fin au partenariat pour juin. Markus Hunkel, directeur de BTE, déclarait à l'IRJ que «les changements comprenaient un renversement fondamental de la structure convenue du partenariat, y compris des questions concernant notre propre part de valeur ajoutée, notre flotte et nos coûts d'exploitation. Nous n'aurions pas pu assurer une exploitation ferroviaire durable sur cette base. La recherche d'un compromis a échoué.» Au final, FLX 20 était opéré par IGE (Internationale Gesellschaft für Eisenbahnverkehr) et par SVG (Schienenverkehrsgesellschaft mbH) sur le FLX 30.  

Pour de nombreux observateurs de cette arrière-cuisine ferroviaire, des similitudes se retrouvent aussi en Autriche avec les problèmes de WESTBahn ou avec la fin soudaine du partenariat entre Regiojet et GKB, qui fournissait la conduite des Prague-Vienne pour l'opérateur tchèque. De manière globale, c'est un peu le retour aux réalités pour tout le monde et la mise à jour des rêves disruptifs. La pandémie n'aurait fait qu'accélérer les choses...

Parmi de "nouvelles disruptions", le changement de discours de Flixmobility sur la propriété des actifs. L'expérience de ces trois années pourrait amener à acquérir du matériel roulant tracté, sous forme de leasing, ce qui s'éloignerait de la politique en vigueur où l'exploitation est confiée à des tiers. Cette politique a en tout cas été mis en oeuvre avec les FLX 20 et 30, où  les voitures, transformées par Talbot à Aix-la-Chapelle, venaient garnir les trains des deux liaisons. Elles sont propriétés de Trainpool Verwaltungs GmbH, une filiale de Railpool responsable de l'achat et de la vente ainsi que de la location et de toute autre forme de location commerciale de locomotives et véhicules ferroviaires de toute nature. Talbot Services est également devenu une ECM (Entité en charge de la maintenance) pour FlixTrain et lui fournira un service complet au cours des 15 prochaines années, sur la base d'un contrat attribué en juillet 2019.

La seconde vague et puis quoi ?
La reprise des opérations en juillet avait vu un retour rapide à des niveaux élevés de passagers, avec des trains souvent pleins les week-ends de l'été 2020. Cependant, contrairement à son principal concurrent, la Deutsche Bahn (DB) , Flixtrain n'avait reçu aucun financement du gouvernement allemand autre qu'un programme de chômage des employés disponible pour toutes les entreprises touchées par la pandémie. Le 3 novembre 2020, Flixtrain annonçait une nouvelle interruption du service des trains jusqu'en 2021.
2021 : la reprise
Après une saison d'hiver et de printemps totalement ratées, Flixtrain annonça le 14 avril 2021 la reprise de ses services de trains... mais en Suède ! La Suède devînt ainsi le premier pays dans lequel l'entreprise offrait un service de train en dehors de l'Allemagne. L'horaire initial comprenait trois allers-retours dans les deux sens entre Göteborg et Stockholm. La gestion opérationnelle au niveau de la traction était assurée par Hector Rail, tandis que le matériel roulant était composé des voitures fournies par Talbot Services d'Aix-la-Chapelle. De son côté FlixTrain restait responsable de la planification du réseau, de la vente de billets, du marketing, du service client et de la tarification. Le 06 mai 2021, c'était la Vectron 243.002 louée par Hector Rail qui démarrait le premier train en gare de Stockholm. Concrètement, le service comprenait 38 départs par semaine, soit entre 2 et 3 départs par direction selon les jours, avec arrêts intermédiaires à Södertälje, Hallsberg, Skövde ou Falköping. Le trajet Göteborg - Stockholm prenait 3h25 minutes avec des trains de six voitures pouvant accueillir jusqu'à 562 passagers au total.
Le premier Flixtrain suédois au départ de Stockholm, le 6 mai 2021 (photo Flixtrain pressroom - Binniam Halid)
Expansion en Allemagne
Le retour de Flixtrain sur les voies allemandes était attendus dès le printemps 2021. Après avoir lancé ses premiers services FlixTrain en Suède le 6 mai, FlixMobility annonçait le 11 mai son intention de lancer deux liaisons interurbaines supplémentaires en Allemagne au cours des mois suivants, dans le cadre d'un programme d'expansion visant à doubler le nombre de services en open access. Le réseau prévu était présenté sur cette carte : 
Au total près de 24 paires de trains envisagées, avec une surprise importante qui est la relation Hambourg-Berlin-Leipzig exploitée en quasi cadencement à 2 heures à raison de 8 paires de trains par jour. Prévue pour le 27 mai, cette liaison devrait être étendue vers le sud à Nuremberg, Augsbourg et Munich à partir du 17 juin et vers le nord jusqu'à Kiel à partir du 11 septembre. FlixTrain s'insère ici dans le service ICE cadencé à la demi-heure de la Deutsche Bahn. Le cadencement prévu en Allemagne par le gouvernement pour 2030, appelé Deutschland-Takt - ou D-Takt -, faisait justement l'objet de suspicion de la part de nombreux nouveaux entrants. En mai 2019, Fabian Stenger, le directeur de Flixbus Allemagne, s’inquiétait déjà du projet D-takt : « Il faut faire attention à ce que le projet Deutschlandtakt ne se transforme pas en Deutsche Bahn Takt. Ce serait un désastre pour les passagers ». Une crainte fondée sur l'attribution très difficile des sillons, dixit Flixmobility. En 2018, la start-up munichoise avait du faire appel au Bundesnetzagentur pour obtenir des sillons longue distance que DB Netz avait déclarés 'encombrés'. Mais les lignes semblent désormais avoir bougé. André Schwämmlein indiquait que : « Flixmobility était désormais en train de vivre une 'coopération intensive' avec le gestionnaire de l'infrastructure DB Netz. Bien que le processus d'attribution des sillons soit encore «très bureaucratique», DB Netz reconnaissait désormais que nous pouvons faire partie de la solution: il peut y avoir deux chemins de fer en Allemagne». Ceci explique probablement cette grande vague d'expansion résumée ci-dessous : 
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Dernière mise à jour 13/05/2021
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