Le déclin du transport ferroviaire voyageurs - 3/3
1   2   3   4   5
News  Mediarail.be
Hier
Le shopping façon IKEA
Manque d’investissements
Aujourd'hui
Demain
Les shopping centers hors ville ont largement contribué au mode de consommation tourné autour de l'utilisation de l'auto.
Les compagnies étaient devenues des administrations d'Etat nécessitant aujourd’hui des changements structurels importants.
Bien sûr, IKEA n'est pas le créateur du shopping center conçu pour la voiture et bien d'autres l'on suivi ou précédé. Mais cette chaîne de magasins reste l'emblème du shopping à l'américaine. Les centres commerciaux ne sont cependant pas un facteur essentiel du déclin des chemins de fer, mais un élément clairement conçus pour éviter les transports en commun. 
 
Les centres commerciaux ont aujourd'hui des supermarchés de taille moyenne ou grande et de nombreux autres services, et le concept a été largement répandu partout dans le monde. L'idée est de trouver tout ce dont vous avez besoin en un seul endroit. Les quantités achetées sont telles que cela rend impossible l'utilisation de chemins de fer ou les transports publics. Ajouté au choix de localisation résidentielle, il rend l'utilisation de la voiture inévitable pour beaucoup de gens. 
 
Les contraintes de taille rendent impossible ou rare la localisation des centres commerciaux près de la gare ferroviaire en centre ville, mais il existe de plus en plus d'exemples où des rues entières deviennent elles-mêmes de grands centres commerciaux. Prendre le train suppose de rentrer à la maison avec de petites quantités de courses ce qui oblige dès lors à en faire plusieurs fois par semaine plutôt qu'une seule fois.
Un rapport de juin 2011 de la Banque mondiale rapportait que durant les années qui suivirent la Seconde Guerre mondiale les chemins de fer étaient devenus des administrations publiques lentes, nécessitant aujourd’hui des changements structurels importants. Dans la plupart des cas, le changement a été lent, en partie en raison de la confusion au sujet des fonctions qui doivent être gérées par l'Etat ou par les chemins de fer, et en partie par l'illusion politique persistante que l'investissement à lui seul résoudrait tous les problèmes.

En même temps, de nombreux chemins de fer sont restés un obstacle au développement et une pompe branchée sur les finances publiques. Les considérations politiques sur l'aggravation des déficits publics ont dès lors forcé les chemins de fer - en réduisant les subventions - à se débarrasser d'une grande partie de leur réseau rural.

Et bien d’autres critères… 
Concernant le comportement en matière de déplacements, la lenteur des services publics procure un sentiment de perte de temps. C’est particulièrement le cas des transports par bus ou en centre-ville, où l’on trouve des arrêts tous les 500m. Il est courant de constater que les véhicules individuels mettent deux fois moins de temps que le transport public, selon les trajets urbains et régionaux.
Conclusion
Pour les trajets quotidiens vers les villes, le rail semble tirer nettement mieux son épingle du jeu. Les embouteillages quotidiens et la limitation des parkings semblent être la condition ultime qui provoque un changement de comportement en matière de déplacements par transfert modal vers le chemin de fer. C’est le cas de grandes villes telles Paris, Londres ou Milan et bien d’autres. Malgré que la plupart des villes européennes ont des systèmes de transports publics complexes qui permettent aux gens de se déplacer facilement d'un point à un autre, beaucoup continuent de conduire leur voiture pour aller travailler ou pour se déplacer. Le problème majeur que les autorités auront à résoudre est celui de la maîtrise du trafic et de la place de la voiture individuelle dans les grandes agglomérations. Une association environnementale déclarait en 2011 qu'une bonne partie des embouteillages de Bruxelles étaient provoqués non pas par les navetteurs mais par les citadins eux-mêmes.  
 
Si le chemin de fer vers les grands centres urbains enregistre des hausses annuelles de 3 à 5%, la situation est grandement différente dans les campagnes champêtres, même si elles sont partiellement urbanisées. L’étalement urbain a causé une utilisation large de la voiture qui peut rendre bien des services. C'est la réalité sociale d'aujourd'hui. Par conséquent, la plupart des services et commerces peuvent être concentrés dans la ville la plus proche. Comme les gens ne se déplacent pas à la même heure, il n'y a pas suffisamment de personnes pour remplir un train ou un bus complet. Afin d’éviter les gaspillages et les trains vides, les services ferroviaires ruraux ont diminué pour, finalement, disparaître complètement. 

Alors que beaucoup de gens critiquent cet état de choses, ils reproduisent paradoxalement en privé un style de vie inverse à leur critique ! Dans notre monde moderne, personne ne peut plus se passer du libre choix. La seule épicerie du village a été remplacé par plusieurs supermarchés dans la ville la plus proche. Une certitude : ce ne sont pas les industries et les gens qui s’adapteront aux handicaps du rail, c’est le rail qui s’adaptera aux gens et à l'industrie. Et à cet égard, on a pu voir ça et là des choix encourageants pour un véritable report modal de la route vers le rail...ou vers d'autres formules de mobilité. 
1   2   3   4   5